Fort de 8 années d'expérience dans le nettoyage de scènes traumatiques avec son entreprise, Baptiste Girardet franchit une nouvelle étape en lançant le réseau Orizons après-vie pour structurer la professionnalisation de cette activité. L'objectif : encourager les entreprises de propreté à se spécialiser pour réduire les délais d'interventions.

Plus qu'un métier, c'est une véritable « mission de vie » que Baptiste Girardet a choisie comme profession. À la tête du Service Français d'Intervention après-sinistre (SFIAS), spécialisée dans la décontamination après-décès (crimes, suicides et décès), il a récemment créé le réseau Orizons après-vie pour fédérer cette activité. Son ambition : former pour réduire les délais d’interventions, allant parfois jusqu’à 3 semaines en France. Pour cause, l'absence d'organisme de certification dédié et par conséquent, le manque de professionnels spécialisés. « Mon objectif est de rapprocher ces experts au plus près des familles », indique Baptiste Girardet. Dans un premier temps, l'objectif est d'obtenir un adhérent par région, puis d'étendre progressivement le réseau pour garantir une couverture nationale dans les plus brefs délais.

Une formation sur-mesure

Chaque adhérent du réseau suit une préparation de 12 jours pendant laquelle il apprend la genèse de cette activité et sa réglementation, les bonnes attitudes à adopter face aux familles endeuillées et les protocoles techniques (utilisation des produits, EPI, gestion des déchets à risque infectieux). Les adhérents sont directement projetés sur de vraies scènes d'intervention, par groupe de 2 à 4 personnes. « Je les accompagne ensuite personnellement pendant leurs trois premiers jours d’intervention puis à distance via des systèmes de visio », indique Baptiste Girardet.

Au-delà du nettoyage et de la décontamination, Baptiste Girardet s'attache également à la thérapie d'accompagnement. « Aujourd'hui, je propose tout ce dont j'ai pu manquer, confie-t-il. C'est pour cette raison que je forme également les adhérents du réseau pour qu'ils soient en capacité de délivrer un soutien technique, administratif et thérapeutique aux familles, avec un panel de prestations annexes », précise-t-il. Celles-ci s'étendent, par exemple, au tri des objets personnels, à la résiliation d'abonnements voire jusqu'à l'accompagnement à la vente de bien immobiliers. Cette formation s’adresse à des personnes en reconversion professionnelle ainsi qu'aux entreprises de propreté envisageant de consacrer certains collaborateurs à cette activité. Le fondateur était également présent sur le salon Europropre, aux côtés de ses adhérents, avec l'objectif de sensibiliser les entreprises du secteur à cette profession.

Qui est Baptiste Girardet ?​​​

Actif dans ce domaine depuis près de 8 ans, Baptiste Girardet a réalisé plus de 2 000 interventions avec son entreprise SFIAS, basée à Guainville, en Eure-et-Loire (28). Après 11 ans au sein de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSSP) et 3 ans comme criminalisticien, il découvre ce métier à la suite d'un drame familial. Personnellement confronté à l'absence de spécialistes, il décide de se former. C'est en 2016 qu'il part au Canada, où il obtient la certification internationale délivrée par l'Institut d'inspection, de nettoyage et de restauration (IICRC) et l'Académie des sciences de la restauration (RSA), avec un score de 98 %. Quelques années plus tard, il fonde la société SFIAS, puis l'association Sang Froid en 2017, dédiée à la sensibilisation et à l'accompagnement des familles.

Engagé pour la reconnaissance de son métier, il a également co-initié, aux côtés de la FEP — dont il est membre depuis 8 ans — et de l'Union nationale des familles de féminicides (UNFF), le décret 2022-656 du 25 avril 2022. Il prévoit la gratuité des interventions de nettoyage après crime. Baptiste Girardet fait également partie de la commission après-sinistre de la FEP.