Considérée par beaucoup il y a encore peu comme de la politique fiction, la robotisation dans le secteur de la propreté progresse. Cependant, de nombreuses questions demeurent : quelle intégration pour une valeur servicielle accrue de la prestation ? Quels modèles économiques ? Pour quels clients ? Sur quels sites ? Quels impacts sur les besoins en compétence des agents de propreté ? Autant de questions débattues lors de la table ronde du 6 novembre organisée par l’Afimin, le CTIP, la FEP et Services.

La robotisation au service de l’innovation servicielle, c'était le thème de la table ronde organisée en visioconférence par l'Afimin, le CTIP, la FEP et Services le 6 novembre 2020. Une quinzaine de professionnels, entreprises de propreté, fabricants, distributeurs et représentants de la branche ont débattu de ce sujet. L'Afimin et le Monde de la Propreté se sont rapprochés depuis deux ans pour travailler ensemble sur les innovations techniques. « Il faudra se mettre d'accord sur une définition de la robotisation et des conditions acceptables communes sur ce sujet qui commence à bouger au sein des entreprises de propreté mais aussi chez leurs clients », affirme Patricia Charrier-Izel, directeur général du CTIP Conseil, organisme technique de la branche. « Nous sommes satisfaits que la FEP et l'Afimin travaillent ensemble, explique Patrick Djebar, président de l'Afimin. Les entreprises de propreté sont très liées avec les clients mais aussi avec les fabricants. Le travail commun permet d'avoir une vision plus globale. »

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Mise à jour en continu

Société américaine, Brain Corp compte plus de 14 000 robots équipés de ses logiciels dans le monde. Elle travaille en partenariat Nilfisk, Tennant, Hako et Softbank Robotics en Europe. « Le suivi quotidien de l'utilisation du robot est très important. En général, il peut prendre en charge entre 85 et 90 % du nettoyage d'un site selon la configuration du bâtiment », affirme Anders Terkildsen, responsable développement de Brain Corp Europe. Toutefois, les magasins, les entrepôts et les industries ne sont aujourd'hui pas prévus pour le passage des robots. Il existe beaucoup d'obstacles. « À l'avenir, les bâtiments intelligents connectés seront mieux adaptés pour l'utilisation des robots », estime Anders Terkildsen. Le logiciel Brain Corp est mis à jour régulièrement avec un nouveau package tous les deux mois. « Aux États-Unis, nous travaillons aussi en journée dans les magasins quand les clients sont là, indique Anders Terkildsen. La productivité reste très satisfaisante même avec du monde tout en assurant la sécurité des usagers. En quatre ans, aucun incident n'a eu lieu. » D'autres améliorations sont attendues pour augmenter la vitesse des robots.

« À ce jour, nous avons 14 000 machines qui tournent dans le monde », affirme Stéphane Demullier, représentant d'ICE Robotics. Softbank Robotics et ICE Robotics ont créé un cobot baptisé Whiz pour suppléer aux tâches répétitives des agents de propreté. Il utilise la technologie Brain Corp composée de caméras 2D, et 3D ainsi qu’un Lidar (laser qui détermine la distance par rapport aux objets). Avec Brain Corp, Whiz entre dans l'intelligence artificielle. Grâce à la dernière mise à jour (version 1.14), les cobots sont capables de réaliser à partir d’un seul et unique détourage la fonction de remplissage, soit le nettoyage de l'intérieur de la surface délimitée. Le but étant d’accroître la productivité, il suffira de définir la meilleure stratégie. « Pour évoluer dans des zones libres, un simple détourage suffit pour nettoyer 100 % de la surface. Dans un espace encombré, vous définissez vous-même avec Whiz l’espace à nettoyer et une seule programmation suffit » indique Stéphane Demullier.

Valeur ajoutée et différenciation

Dans le monde, Tennant a vendu plus de 4 300 robots (soit 9 milliards de m² entretenus par des robots). « Il est prouvé aujourd'hui que les robots fonctionnent, annonce Patrick Djebar, directeur comptes clés chez Tennant. La machine intègre l'aspect sécurité. Nous en sommes au tout début et plusieurs aspects sont à revoir et à adapter, estime Patrick Djebar. La robotique est aujourd'hui un élément différenciant qui apporte de la valeur ajoutée. »

« Boma a toujours placé l'innovation au cœur de son développement et travaille sur la robotique depuis plusieurs années au travers d'un département dédié, explique Olivier Scolan, directeur de Boma France, distributeur de matériels d'hygiène et de propreté. Au sein de Boma Robotics, cinq chefs de produits détectent toutes les solutions innovantes créant de la valeur ajoutée et de la différenciation pour les entreprises de propreté (70 % de notre chiffre d'affaires). » Boma propose des robots et des cobots dotés de systèmes différents de programmation « teach & repeat » ou « mapping ». « Nous conduisons aujourd'hui une réflexion sur la technologie du mapping qui permet de gérer plusieurs robots ou cobots avec des fonctions différentes sur un même site », poursuit Olivier Scolan. Boma Robotics a différents partenariats et Boma souhaite avoir une gamme très large et complète pour proposer des solutions robotisées adaptées aux besoins.

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Quid de la maintenance ?

Depuis plus de trois ans, Facilibot déploie sur le marché français des autolaveuses automatisées de la marque canadienne Avidbots. « Les Neo sont principalement en place auprès des entreprises de propreté qui travaillent dans les centres commerciaux ou les aéroports », affirme Alain Castay, président de Facilibot. Le retour d'expérience existe désormais et permet de connaître les performances de lavage mais aussi de savoir comment le robot s'intègre dans une organisation de propreté et quels en sont les avantages. « Aujourd'hui, les robots sont performants pour différents usages : lavage ou encore cristallisation de marbre ou de brillance des sols, souligne Alain Castay. Leur déploiement fait naître un sujet majeur qui est celui de la mise au point et le service de ces machines. » Dans le secteur de la propreté, la plupart des machines sont en location en full services. Quand un problème survient, l'entreprise de propreté appelle son fournisseur. « Les robots sont un peu plus chers et plus fragiles, estime Alain Castay. Il est donc nécessaire d'intégrer les agents machinistes dans une démarche de maintenance de premier niveau. » Les techniciens de maintenance doivent avoir de multiples compétences et savoir-faire liés à la partie mécanique et à la partie robotique.

Pour Patrick Djebar, la notion de services fait partie intégrante de l'offre robotique. « Un support technique est indispensable, insiste-t-il. Au-delà du tronc commun à un système de lavage, l'intelligence artificielle et la gestion des capteurs nécessitent des compétences différentes. » « L'aspect maintenance est l'un des enjeux du développement de cette technologie », souligne Renaud Buronfosse.

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Couple robot-humain

« La robotique et la cobotique sont des évolutions nécessaires et positives pour le secteur de la propreté et les entreprises dès lors qu'elles permettent le transfert de tâches répétitives et sans valeur ajoutée, ainsi que la réduction des maladies professionnelles », estime Tayeb Beldjoudi, directeur de la performance du groupe Atalian (innovation, transition digitale, qualité, hygiène et sécurité).

« Il faut être dans la dynamique de la robotique. Mais elle doit être bien pensée », poursuit Tayeb Beldjoudi, également pilote du club des 9 sur la Transition numérique, groupe de travail des directeurs innovation des grands groupes au sein de la commission Innovation et transition numérique de la FEP. Le couple entre la machine et l'humain est nécessaire pour optimiser et atteindre un certain niveau de performance. Évidemment, pour tendre vers cet objectif, il est nécessaire de refondre l'organisation des prestations de propreté. « Robots et humains devront trouver leur équilibre dans l'écosystème de demain, précise-t-il. Pour y parvenir, un partenariat tripartite entre les entreprises de propreté, les fournisseurs et les clients est indispensable. » L'investissement est conséquent et le coût économique n'est pas forcément répercuté sur les prix de vente. « C'est un frein possible pour les marchés peu pérennes », note Tayeb Beldjoudi.

Le côté social est primordial dans l'intégration de la robotique dans les métiers de la propreté. « La compétence de nos salariés va évoluer. Le métier d’agent de propreté intégrera de nouvelles dimensions et des efforts de formation devront être faits, affirme Tayeb Beldjoudi. L'évolution technologique est rapide. Il faut l'intégrer dans nos organisations. À l'avenir, la cobotique peut être un vecteur d'attractivité pour les jeunes. »

« En tant qu'entreprise employant 600 salariés, notre préoccupation aujourd'hui est de suivre l'évolution de la robotique afin qu'elle ne nous échappe pas et qu'elle ne nous soit pas imposée par les clients, indique Jean-Maxime Brodin, dirigeant de JBS Propreté en Basse-Normandie et référent pour le club Innovation et transition numérique de la FEP Ouest. Le premier enjeu est de pouvoir soulager les agents de propreté de tâches répétitives à faible valeur ajoutée. Je suis intéressé par le travail d'équipe entre l'agent et le robot. »

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Brain Corp privilégie une approche simple pour la configuration des robots, avec le principe teach & repeat. En appuyant 4 fois sur l'écran, la machine est programmée et prête. « La plupart des personnels de nettoyage pourront apprendre à utiliser le cobot, poursuit Anders Terkildsen. Le robot et l'agent forment une équipe. »

Le concept du cobot est de travailler main dans la main avec un utilisateur. « Le cobot ne remplacera pas l'humain mais il fera les tâches répétitives à sa place », souligne Stéphane Demullier. ICE Robotics a prêté 700 robots aux entreprises de propreté afin qu’elles puissent effectuer des essais. « Il faut repenser le nettoyage pour que l'agent et le cobot travaillent ensemble, poursuit-il. L'agent définit les tâches du robot, c’est une collaboration gratifiante, qui réduit la pénibilité de ses tâches au quotidien et lui permet de se focaliser sur d'autres activités plus exigeantes. »

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Repenser les organisations

« Nos attentes sont d'offrir un meilleur service aux clients tout en évitant à nos salariés les tâches répétitives. Ces derniers pourraient ainsi effectuer des missions valorisantes, apportant plus de valeur ajoutée à nos clients », explique Floréal Peix, directeur méthodes et qualité pour Elior Services et en charge de l'innovation et de la digitalisation.

« Il faut aussi prendre en compte la partie déshumanisation, poursuit-il. Les salariés ont un rôle important en termes de contact. On ne pourra pas tout robotiser, notamment dans la santé. » L'utilité de la robotisation, avec un couple robot-humain, va imposer des réorganisations avec de nouvelles méthodes de travail. Les robots pourraient par exemple intervenir avant l'ouverture et les salariés après pour réaliser des missions sur des zones différentes.

Pour Laurent Prulière, directeur du service R&D de GSF, il est impossible de rater la 4e révolution industrielle qui est celle de la digitalisation de l'ensemble des métiers. « Il est important de raisonner par rapport à l'usage, estime-t-il. Il est primordial de privilégier la coconstruction avec les concepteurs et les clients pour identifier l'usage. » Les composantes liées aux clients doivent être intégrées dans la réflexion autour d'une nouvelle organisation du travail avec les salariés de la propreté. La standardisation est difficile dans la plupart des cas, hormis dans certains secteurs comme la logistique.

« La cobotique tend vers la suppression de la pénibilité et l'augmentation de la qualité globale de la prestation, affirme Laurent Prulière. Nous y croyons mais il faut bien là aussi définir les usages réels des clients et les besoins exprimés. La montée en compétences de nos équipes dépendra également de la capacité des constructeurs à mettre à leur portée l'utilisation des matériels. » GSF fait appel à des robots ponctuellement, notamment dans les services associés avec la cobotique.

Pour Olivier Scolan, l'objectif d'intégrer de nouvelles marques dans Boma Robotics est à chaque fois d'apporter de la valeur ajoutée et de créer de l'innovation. « Il existe un développement de la robotique plus fort et plus rapide en Asie, ainsi qu'aux États-Unis, alors que c'est plus lent en Europe. L'aspect social peut être un frein, souligne-t-il. La volonté de réduire la pénibilité est forte. La situation sanitaire a permis de mettre en avant l'agent de propreté et il faut que cela perdure. » Il est indispensable de réfléchir à des solutions simples à utiliser et évidemment d'accompagner la mise en œuvre de la robotisation au sein des entreprises de propreté. Il existe des différences de complexité de programmation selon les machines. « Avec certains développements de solutions, on peut avoir la programmation de différents types de machines sur un même chantier : pour transporter des containers ou des chariots ; pour maintenir la propreté en réalisant uniquement du moping avec très peu d’eau ou au contraire pour aspirer, laver en profondeur et bien assécher. Une réflexion commune entre le fournisseur et l'entreprise de propreté est importante », souligne Olivier Scolan.

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Quel robot pour quel environnement ?

« Quel robot choisir pour quel environnement ? » C'est une question primordiale pour Philippe Bassan, chef de projet Innovations chez Sodexo : « Nous avons sollicité, par le passé, de nombreux fournisseurs de par la multiplicité de nos sites. Aujourd'hui, nous avons décidé de tout centraliser. Nous avons testé avec des succès différents plusieurs marques de robots. Les premiers systèmes de navigation posaient problème mais les évolutions très rapides ont permis des progrès sensibles. » Il faut trouver un compromis avec un système de navigation accessible qui facilite le travail des agents de propreté sans devenir une contrainte pour eux, notamment au niveau technique. Pour mettre le bon robot au bon endroit, Sodexo attend des fabricants des informations régulières sur les évolutions qui permettront aux équipements d'être à la portée de tous. « Une aide à la mise en œuvre avec des formations et un suivi sont nécessaires », ajoute Philippe Bassan.

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Pour Challancin, la vision en termes de robotique a un horizon entre cinq et dix ans, comme l'explique Julien Glavier, chef de projet Digitalisation : « Nous sommes surtout aujourd'hui autour de la digitalisation pure (automatisation, traçabilité des prestations, bâtiments intelligents, traitement des data). La robotique est une marche supplémentaire à gravir. » Challancin a effectué certains tests dans des centres commerciaux et dans des gares. Le groupe n'a pas encore d'expérience pérenne. « Nos clients ne participent pas à l'offre économique et attendent des gains de productivité et des prestations moins chères », indique Julien Glavier. Cette technologie nécessite un espace éligible et un paramétrage initial : elle n'est donc pas applicable sur des prestations ponctuelles. « Certaines machines peuvent aussi nécessiter la connexion réseau pour récupérer des data », prévient Julien Glavier. Les robots demandent d'avoir une infrastructure existante chez le client et de pouvoir assurer en interne une petite maintenance ou tout au moins un premier diagnostic. « La robotisation va créer de nouveaux métiers et nous devons accompagner nos agents dans ce type d'évolution car elle demande un minimum de connaissances techniques et beaucoup de pédagogie », ajoute Julien Glavier.

« La partie formation est aussi très importante, ajoute Jean-Maxime Brodin. Il faudra penser à intégrer dans nos CQP une partie sur la petite maintenance des robots. » « Chez JBS Propreté, nos sites clients ne sont pas adaptés à la robotisation », poursuit Jean-Maxime Brodin. Les PME ont pour l'instant assez peu accès à la robotisation car leur clientèle le permet rarement (copropriétés, hôtellerie, petit tertiaire, restauration). De même, tous les travaux techniques qu'elles réalisent sont difficiles à robotiser.

« Pour l'instant, nous n'avons pas encore mesuré de bascule structurelle, de remplacement de l’humain par les machines. En tout cas si l’on regarde les chiffres, depuis dix ans, on assiste à une augmentation de l'emploi salarié dans la propreté et du nombre d'heures travaillées », commente Marc Guerrien, responsable du pôle études R&D du Monde de la Propreté, qui coordonne les travaux de la commission Innovation et transition numérique de la FEP. « La robotisation est appelée à se développer, mais certains secteurs importants auront du mal à être robotisés comme les immeubles d’habitation, la santé, l'hôtellerie », ajoute Marc Guerrien.

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Que faire des data ?

Concernant les data, il existe différentes problématiques. Comme avec toutes les nouvelles technologies, il est essentiel de veiller à la protection des données. « Dans certains cas, les clients ne veulent pas partager leurs données ou ne donnent pas accès au wi-fi par peur de piratage, témoigne Stéphane Demullier. C'est pourquoi Whiz utilise la 4G par défaut. Et toutes les informations qu'il envoie sur le cloud sont cryptées. La carte SIM transmet les données de la machine vers un serveur (mètres carrés, durée d'utilisation, noms des utilisateurs…). » Ces données permettent de rentabiliser le chantier, d'avoir une carte des locaux, un rendement par mètre carré et une machine bien dimensionnée. Elles peuvent amener à revoir le cahier des charges en cours de contrat ou faire un nouvel appel d’offres. « Les données prouvent que la prestation a été réalisée et font partie intégrale du service que propose notre cobot Whiz », signale-t-il.

« Les clients demandent que l'on mette à leur disposition de nombreuses données, poursuit Tayeb Beldjoudi. Il est indispensable d'identifier celles dont on a besoin et comment elles seront traitées. Faire ce travail en amont est essentiel. D'autant qu'il faut des personnes capables d'analyser ensuite les data pour les exploiter au niveau de la production. »

« Avec nos logiciels, nous pouvons avoir toutes les données pour optimiser l'utilisation des robots et dimensionner un chantier. Grâce à notre expérience, nous pouvons cibler les données nécessaires pour optimiser le travail, indique Anders Terkildsen. Ce n'est pas si complexe et nous pouvons l'expliquer à nos partenaires. »

Philippe Bassan estime que le dialogue entre entreprises de propreté et fabricants doit être plus fréquent : « Une fois que nous saurons quelles données nous pouvons collecter puis exploiter, nous pourrons aller voir nos clients pour leur en parler. »

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Acteurs du changement

« À l'avenir, il faut faire en sorte que le système d'exploitation soit la clé de voûte de l'échange pour qu'une entreprise de propreté puisse prouver la performance d'une prestation et rassurer son client, estime Patrick Djebar. Les robots ne sont pas adaptés à toutes les situations mais on ne peut pas tourner le dos à cette évolution. Dans dix ans, nous aurons de nouveaux métiers que nous n'imaginons pas aujourd'hui. La montée en compétences des agents doit être anticipée. » La robotisation ne doit pas être ignorée car elle participera à redorer le blason des métiers de la propreté. Aujourd'hui, les ventes de robots sont peu significatives par rapport au marché global du matériel de nettoyage et d'hygiène (NB : L'Afimin créera prochainement une catégorie machines autonomes pour les statistiques du marché). « Le volume des ventes est très faible en Europe, confirme Renaud Buronfosse. Le robot continue de faire peur car il crée de nouveaux emplois mais en détruit d'autres. Pour parvenir à développer les robots, fabricants, entreprises de propreté et clients doivent travailler ensemble. »

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« Le robot va prendre sa place quoi qu'on en dise, affirme Patrick Djebar. L'entreprise de propreté doit pouvoir accompagner son client plutôt que de subir le changement. » « Avec la FEP, nous voulons être acteurs du changement en partenariat avec les fabricants, confirme Tayeb Beldjoudi. Nous devons nous préparer à un changement disruptif de nos modèles. » Pour la cobotique, il faut se demander pourquoi on en a besoin, ce que l'on veut en faire et dans quel environnement.

« La propreté a été trop longtemps perçue comme un service opérationnel et un centre de coût, affirme Patricia Charrier-Izel. Nous communiquons pour faire comprendre que les clients achètent un service stratégique qui améliore la qualité de vie au travail, la santé des usagers et la performance globale. La FEP souhaite pouvoir mieux anticiper les tendances de marché. La robotisation en fait partie, de même que l'exploitation des data. C'est une tendance de fond à laquelle les entreprises de propreté doivent se préparer. La FEP accompagnera les entreprises dans cette transformation »

À RELIRE

« Les données numériques dans le secteur de la propreté : Enjeux et conditions d'exploitation », étude réalisée par le Pôle études et R&D du Monde de la Propreté.

WWW

www.monde-proprete.com Rubrique Entreprises et marché

8 %

des sociétés de 10 personnes ou plus implantées en France utilisaient, en 2018 un robot de type industriel ou de service. Elles ont davantage recours à des robots industriels (6 %) qu’à des robots de service (3 %). Elles faisaient appel aux robots de service pour gérer les entrepôts (46 %), pour le nettoyage ou le traitement des déchets (26 %) ou pour les travaux d'assemblage (16 %). (source : Insee)

Pour le nettoyage des façades aussi

Le Clean-Kong, fabriqué par la société française Erylon, est un robot dédié au nettoyage des façades vitrées. « Pour nettoyer les façades, nous avons plusieurs solutions : nacelles de toit, nacelles autoportées ou agents cordistes », explique Yann Lebreton, dirigeant de la société Apic, spécialisée dans les travaux d'accès difficiles et associée avec Erylon. « Avec les cordistes, il est possible d'aller partout. C'est moins le cas pour les nacelles, qui nécessitent aussi une maintenance stricte tous les six mois. C'est compliqué pour l'exécution. Une autre réponse existe avec le robot : moins de troubles musculo-squelettiques, plus de sécurisation des salariés. » Le robot présente aussi un atout au niveau environnemental car il permet de maîtriser complètement la consommation d'eau. Il apporte aussi une meilleure productivité dans cette activité de niche.

« Pour utiliser le robot, il n'existe aucun risque de chute puisque son fonctionnement implique la présence d'un technicien en haut et d'un autre en bas, souligne Yann Lebreton. La complémentarité entre le robot et l'humain est parfaite dans cette configuration. Nos clients sont intéressés par le côté innovant ainsi que par le côté écologique. »

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