Depuis juin 2026 et dans un cadre contraint de réduction de la dépense publique, l’État a acté une baisse substantielle des allègements généraux (AG) en gelant le Smic niveau de janvier 2026 dans la formule de calcul. Le Gouvernement vient d’annoncer dans le PLFSS 2027, outre la reconduction de ce gel, l’intégration de la participation et de l’intéressement dans l’assiette de calcul. C’est d’autant plus incompréhensible que cette mesure sanctionne les entreprises vertueuses qui ont mis en place ces dispositifs d’appui au pouvoir d’achat de leurs salariés. La FEP a alerté le Premier Ministre des conséquences désastreuses d’une telle réforme sur la compétitivité et les emplois.
Ces décisions, prises sans concertation avec les organisations professionnelles les plus concernées, freinent considérablement les possibilités de revaloriser les rémunérations dans les entreprises des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre, dont la propreté. Leur modèle économique s’appuie pourtant depuis une trentaine d’années sur cette politique active d’allègements de charges, soutien ferme à la compétitivité et à l’emploi. L’État réduit ainsi encore les AG, soit des économies de près de 10 milliards d’euros sur le dos des entreprises, l’équivalent en 2027 d’une ponction significative de 12,5 % du montant total des allègements généraux. Les entreprises du secteur (dont le taux moyen de résultat net est inférieur à 3 %) sont fortement éprouvées depuis ces dernières années du fait de la charge croissante des coûts - alors même que le revenu minimal hiérarchique a augmenté de 17 % en quatre ans - qui ne sont répercutés qu’en partie dans leurs prix. Et elles subissent, en sus, des retards croissants de paiement de leurs clients. Il en résulte une tension sur leur trésorerie, voire des liquidations judiciaires, le taux de défaillance dans le secteur ayant doublé en trois ans. La volonté du Gouvernement de poursuivre une baisse drastique des allègements généraux en 2027 a empêché la FEP de présenter en négociation paritaire une proposition acceptable pour les organisations syndicales : la faute à la baisse des allègements généraux, décidée par l’État, qui double le coût réel de toute hausse de salaire.
Comme à l’automne 2024, la FEP appelle ses adhérents à se mobiliser. En complément des actions lancées par la fédération et ses chambres régionales, elle invite les chefs d’entreprise à adresser un courrier d’alerte aux élus et décideurs publics des territoires (députés, sénateurs, présidents d’exécutifs locaux, préfets, etc.). La fédération leur a donc proposé un courrier type auquel ils peuvent aussi joindre le courrier envoyé au Premier ministre et le communiqué de presse FEP du 2 octobre.