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C'est une mobilisation de taille contre une possible reclassification de l'éthanol, entraînant, de fait, une interdiction des produits en contenant : plus de 800 dirigeants, professionnels de santé et universitaires alertent les autorités européennes des risques sanitaires d'une telle décision.

842 entreprises, organisations, associations et particuliers se sont rassemblés pour alerter les décideurs européens et les États membres : reclassifier l’éthanol comme substance CMR dans le cadre du règlement des produits biocides compromettrait la sécurité sanitaire et la sécurité alimentaire, ainsi que la stabilité économique de l’Europe. Représentant plus de 20 secteurs — des produits d’hygiène et d’entretien mais aussi de la santé et de la pharmacie, de l’agroalimentaire ainsi que des cosmétiques ou encore de l’énergie — les signataires appellent les décideurs européens et nationaux à agir d’urgence afin d’éviter une interdiction de fait des produits biocides à base d’éthanol.

Le Comité des produits biocides (BPC) de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) envisage en effet de recommander, lors de sa réunion du 26 novembre 2025, une reclassification de l’éthanol dans les produits biocides au niveau européen en substance cancérogène et reprotoxique (CMR) de catégorie 1A. Or, il se base uniquement sur des données liées à l'abus et à la consommation excessive de boissons alcoolisées et non à l’utilisation sécurisée des produits biocides contenant de l’éthanol. Il s'agit pourtant d'un ingrédient essentiel des gels hydroalcooliques, désinfectants de surface et antiseptiques entre autres.

Impact paneuropéen et intersectoriel

Coordonnés par l’A.I.S.E. (Association européenne des détergents et produits d’entretien), les signataires représentent les 27 États membres de l’UE, soulignant l’ampleur des inquiétudes et l’impact paneuropéen et intersectoriel de cette décision. « L’éthanol est un pilier de la santé publique et de l’hygiène en France comme en Europe. Il est au cœur des produits qui garantissent chaque jour la sécurité sanitaire dans nos foyers, nos hôpitaux et nos entreprises. Toute remise en cause de son usage mettrait en péril l’équilibre même de nos politiques de prévention et de protection de la santé. La France réaffirme son plein soutien à la reconnaissance du rôle indispensable de l’éthanol pour préserver la santé de tous et assurer la continuité des pratiques d’hygiène essentielles », affirme Virginie d’Enfert, déléguée générale de la Fédération de l’hygiène et de l’entretien responsable (FHER), porte-parole des industriels du secteur de la détergence.

« Une reclassification de l’éthanol dans les produits biocides serait désastreuse pour la santé publique en Europe, a déclaré Florian Vernay, président de l’A.I.S.E. Les désinfectants, gels hydroalcooliques et autres produits à base d’éthanol ont fait la preuve de leur sécurité et de leur efficacité, et sont utilisés chaque jour par des millions d’Européens. Les décisions concernant leur avenir doivent se fonder sur les données d’usage réel, et non sur celles liées à l’abus de boissons alcoolisées. » « En cas de nouvelle pandémie, toute production d’urgence d’alcool à usage médical repose sur l’éthanol, car il peut être fabriqué facilement à partir d’ingrédients courants. Si une crise sanitaire survient sans éthanol disponible, des vies supplémentaires seront perdues », a ajouté Alexandra Peters, présidente de Clean Hospitals.

Cette décision serait contraire aux recommandations établies par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ainsi qu'aux avis de la Commission européenne, du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et d’autres partenaires internationaux, notamment aux États-Unis. Cette reclassification reviendrait de facto à supprimer les produits à base d’éthanol de l’usage public et restreindrait fortement leur disponibilité en milieu professionnel.