Bien que les ventes d’équipements hybrides ne décollent toujours pas, Bernard Petit, directeur général de la branche PAC et chaudières du géant français Atlantic, continue de croire que l’hybridation a de l’avenir.

Les équipements hybrides peinent à se faire une place. Pourquoi, selon vous, l’hybridation n’a pas pris jusqu’à présent ?Elle avait commencé à se développer sur le marché de la rénovation en remplacement de chaudières fioul, mais la baisse des prix du fioul a entrainé un coût d’arrêt. Le développement récent de produits mieux dimensionnés, avec une puissance PAC plus faible, devrait aider à relancer ce marché. Sur le neuf, l’hybride représente un petit marché, mais qui croît régulièrement et de manière significative.Vous pensez donc que les équipements hybrides sont promis à un bel avenir ?Nous croyons à l’hybridation des technologies mais selon nous elle doit passer par des produits "deux en un" embarquant leur propre régulation et non pas une combinaison de deux équipements. Evidemment, l’hybridation a plus de sens dans certaines régions comme les Pays de la Loire ou la Bretagne où la chaudière ne vient booster la PAC uniquement les quelques jours de l’année où la température descend en dessous de 3 °C. Nous nous positionnons sur le neuf avec une PAC murale hybride gaz et sur le marché de la rénovation avec une PAC hybride fioul. La sortie de la chaudière fioul du CITE et le « coup de pouce » pour remplacer sa chaudière fioul devraient redonner de l’attention sur cette dernière. Mais nous ne comptons pas nous arrêter là et, preuve que nous avons foi en l’hybridation, nous travaillons actuellement à la sortie d’une nouvelle génération de PAC hybride qui permettra également d’assurer le rafraîchissement. Cela nécessite de mettre au point une nouvelle façon d’émettre le chaud et le froid produits. Nous arriverons sur le marché avec un équipement hybride couplé à un nouveau type d’émetteur en 2019.Pourquoi proposer une solution assurant également le rafraîchissement ?Nous constatons depuis trois ans que la demande en équipements assurant le rafraîchissement, qui jusqu’à présent coïncidait avec les pics de chaleur, devient structurelle. L’intérêt des ménages pour les solutions de climatisation est désormais vivace tout le long de l’année.Mais l’émergence de logements neufs toujours moins gourmands en chauffage ne va-t-elle pas amener le vecteur air à prendre le dessus sur le vecteur eau ?Effectivement, dans le neuf, les faibles besoins en chauffage et le désir de pouvoir maîtriser le confort d’été amène le vecteur air à prendre de l’importance dans le résidentiel dans certaines zones climatiques. La révision prochaine de la fiche d’application RT pour la combinaison de la PAC air/air et des radiateurs électriques va dans ce sens, en appuyant une combinaison assurant le confort thermique aussi bien en été qu’en hiver. Un couplage qui se développe particulièrement en Aquitaine et dans la Vallée du Rhône.Quelle est votre stratégie digitale ?Nous avons développé, en partenariat avec Somfy (protocole IO), une solution de pilotage connectée (Cozytouch) progressivement compatible avec l’ensemble de nos produits. Selon nous, les datas doivent pouvoir bénéficier aux installateurs qui doivent s’en servir pour proposer une offre de maintenance connectée. Nous souhaitons pouvoir les mettre à disposition dans un modèle économique à construire ensemble. Pour savoir si le mariage de la PAC et la chaudière est promis à un bel avenir, rendez-vous dans le prochain numéro de Génie Climatique Magazine.