Les représentants des professionnels de la distribution de combustibles, réunis au sein de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage (FF3C), ont été reçus à Matignon, jeudi 22 novembre, pour échanger sur les conséquences de l’annonce du Premier ministre évoquant la sortie du fioul domestique à l’horizon 2028.

« Les professionnels ont exprimé leur incompréhension face à la brutalité de cette annonce et ont fait part de leurs vives inquiétudes par rapport aux conséquences tant pour les ménages chauffés au fioul que pour les salariés de leurs entreprises », indique Frédéric Plan, délégué général de la FF3C, qui considère que près de 15 000 emplois seraient menacés.De plus, pour ce dernier, il n’existe pas aujourd’hui d’alternative susceptible de remplacer avantageusement le fioul.Le gaz ? « Le gaz de réseau ne dessert que 10 000 communes sur 35 000. En outre, il s’agit d’une énergie fossile importée, émettant du CO2 et taxée à ce titre, comme le fioul ».Le bois ? « La combustion du bois énergie pose un véritable problème de pollution atmosphérique, comme le rappelle l’Ineris. En outre, la capacité d’approvisionnement en bois est limitée en fonction des régions et l’investissement nécessaire pour s’équiper en matériels de chauffage au bois est important (plus de 15 000 € en moyenne pour une chaudière bois automatique) ».Les solutions électriques ? « L’électricité est un piège pour le pouvoir d’achat : c’est aujourd’hui l’énergie de chauffage la plus coûteuse au kWh2 et son prix est inévitablement amené à augmenter. Au niveau des équipements, seules les pompes à chaleur les plus onéreuses permettent d’assurer le chauffage dans les régions froides. En outre, la substitution du fioul par de l’électricité aggraverait le problème de la production électrique de pointe ».Pour le délégué général de la FF3C la solution se trouve dans les champs de colza. S’appuyant sur une étude réalisée par les consultants de SIA Partners, Frédéric Plan juge possible l’introduction à court terme d’esters méthyliques d’acides gras de colza à hauteur de 30% dans le fioul et d’une progression par paliers d’ici à 2050 " de manière à atteindre un combustible 100% renouvelable ".Cette proposition de passer du fioul à un « bio liquide » de chauffage sera étudiée par les services de l’État, indique la FF3C. Un nouveau rendez-vous entre la profession et le cabinet du Premier ministre est programmé dans un mois pour faire le point du dossier. Affaire à suivre…