L’association negaWatt, qui prône le triptyque « sobriété, efficacité, renouvelable », juge que le Plan de rénovation énergétique présenté par Nicolas Hulot, en novembre dernier, manque d’ambition. Membre de l’association, fondateur du bureau d’études Enertech et figure éminente de la performance énergétique, Olivier Sidler s’exprime au micro de Génie Climatique. Pour ce dernier, les Français ne se mettront pas à rénover énergétiquement leurs logements sans une « révolution » chez les artisans.

Olivier Sidler s’inquiète tout d’abord du manque d’ambition des mesures proposées par le gouvernement – qui a présenté en novembre dernier son plan pour rénover 500 000 logements énergivores par an. « Le rythme de rénovation fixé dans le plan gouvernemental est insuffisant et encore plus problématique s'il s'agit de rénovations partielles », assure Olivier Sidler. « Apprendre à établir des prix raisonnables » Mais comment viser plus haut alors qu’en 2017 le nombre estimé de rénovations énergétiques performantes de logements a péniblement franchi la barre des 30 000. Pour Olivier Sidler, il faut se diriger nécessairement vers une "obligation à rénover" et lever les freins qui se situent du côté de l’offre. Il juge que les professionnels « doivent non seulement approfondir leurs connaissances techniques qui sont souvent lacunaires, voire quasiment inexistantes comme dans le cas de la ventilation mécanique, mais aussi apprendre à travailler en groupement de compétences pour garantir que les interactions entre les différents corps de métiers se déroulent sans accroc ». Olivier Sidler déplore également la manière dont les pros élaborent leurs prix. « La plupart d'entre eux ne savent aujourd’hui pas calculer leur coût de journée, ni évaluer correctement leurs marges sur les fournitures. Il s'ensuit des montants de devis dont beaucoup n'ont pas de justification économique et des marges pouvant atteindre 100 %, sans compter les effets d’aubaine qui ont pu être offerts dans le passé par le CITE ».